samedi 26 septembre 2009

Histoire des familles KHOKDUR et KHOKMOL

Histoire des familles KHOKDUR et KHOKMOL

Pamphlet écrit par un plaisancier-plaisantin

Personne ne se souvenait exactement depuis quand la famille Khokdur naviguait en maître sur les mers et océans de la planète Terre. La famille des Khokdur pouvait s'enorgueillir d'avoir parmi ses membres de nombreuses célébrités de renommée mondiale telles que Richelieu, Clémenceau ou plus récent, un général du nom de Charles de Gaulle. Les filles n'étaient pas en reste avec la Belle Poule mais les Marie-salope *(1) trainaient derrière elles une mauvaise réputation dans les ports.

Dans les premières années du vingtième siècle, suite à une malencontreuse manipulation génétique se développa une nouvelle famille. La famille des Khokmol. D'origine douteuse, mal définie, sans éducation ni respect pour le code maritime, cette famille fut cantonnée aux tâches annexes au service des Khokdur. Les khokmol acceptaient, plus ou moins de bonne grâce, leur condition.

Mais voilà que l'impensable arriva. Il fallait s'en douter. La date de ce jour maudit fut effacée de la mémoire collective. Mais les faits sont bien là. Un jour naquit un bâtard de l'union contre nature d'un khokdur et d'une khokmol. Il fallait lui donner un nom. Il se baptisa lui-même. Samy Rhidjid.
Devant la difficulté à prononcer son nom, li fut décidé le l'appeler par ses initiales: S.R.
Très rapidement, Samy créa une famille. Une branche de la famille des khokmol. Les S.R.
Les S.R. se conduisaient mal. Ne respectaient rien ni personne. Ils ignoraient les règles de bonne conduite en société.

Conséquence du laxisme des collectivités locales du littoral, la famille S.R. proliférait à grande vitesse.
Incontrôlable, arriviste, exigeante, elle revendiquait une légitimité injustifiable et, surtout, inacceptable par la famille des khokdur qui encombrait les ports et pouvait mettre les voiles pour prendre le large quand il lui plaisait d'humer la fraîcheur de l'air marin tandis que les pauvres S.R. devaient attendre le bon vouloir d'une brise polluante aux noms étrangers de Yamaha, Kawazaki, Honda ou que sais-je encore.

Par moquerie, les khokdur traitaient de "Semi-Rigide" les membres de la famille S.R. Alors que les khokdur pouvaient exhiber, fièrement et sans pudeur, leur vît de mulet, leur mât, leur pieu, leur phallus turgescent et pointu, les pauvres S.R. n'avaient que leur boudins qu'ils gonflaient pour se donner de l'importance comme le crapaud de la fable de Monsieur de La Fontaine. Horribles, disgracieux et affreux, ils se déplaçaient, poussés par la honte d'avoir à se montrer, en sautant sur les vagues à grande vitesse avec force bruit et puanteur.

Conscients de leur supériorité, les Khokdur regardaient évoluer ces bâtards. Ils acceptaient de faire salon commun mais leur interdisaient la porte de leur chambre. "On ne mélange pas les crapauds avec les colombes" aimait à dire un vieux gréement, accouplé à une jeune frégate, à l'occasion d'un rassemblement de l'élite des grands voiliers. Les S.R. aussi avaient leur rassemblement mais on s'y gavait de moules frites et de bière en parlant mécanique, moteur, vitesse, hélice et beaucoup ignoraient qu'il existait une sorte de palme qu'on disait "académiques" n'ayant aucun rapport avec les pales de leur hélice. Le port du blazers, était inconnu chez les S.R. qui évoluaient à moitié nus.

Un peu partout, à travers le Globe, les Khokdur avaient créé des lieus pour se retrouver entre gens du même monde, connus sous le nom de Yacht Club. Pour se distraire, ils organisaient des régates aux règlements subtils. Rien de tout cela chez les S.R. Certains, plus cultivés que d'autres, sans très bien en connaître la technique ni maîtriser le fonctionnement démocratique de la chose, avaient créé un forum sur Internet. Si sur les nombreux forums créés par les Khokdur, chacun pouvait s'exprimer librement et si les Khokmol ou les S.R. étaient invité à s'y exprimer, il en était tout autrement sur le forum des S.R. le cri de guerre était "casse toi, tu pues, t'es pas de ma bande". De plus, un vent de despotisme puéril venu de l'Estuaire de la Gironde voulait réduire tout soupçon d'humour ou d'expression libre en noyau d'olive.

Pour les S.R. évolués et tolérants, essayant de combattre l'intégrisme sectaire, une lueur d'espoir prenait peu à peu forme. "Si le mur de Berlin est tombé il y a exactement vingt ans, il n'est pas tombé dans toutes les têtes mais on va y arriver…" L'évidence devait triompher.

à suivre …

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(1) Une "marie-salope" est un chaland destiné à recevoir les vases et sables extraits par dragage.

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